Le 18 avril, nous rappelons la naissance de Maria Ida Viglino, née à Gignod en 1915, figure majeure de l’histoire valdôtaine du XXe siècle. Enseignante, femme des institutions et protagoniste de la vie publique régionale, Maria Ida Viglino participa activement à la Résistance valdôtaine en tant que agent de liaison partisane, assurant des contacts essentiels entre les groupes résistants. Après la guerre, son engagement se traduisit par une contribution décisive à la construction de la Vallée d’Aoste autonome et de ses institutions.
Ce souvenir prend une signification encore plus forte à l’approche du 25 avril, date de la Libération, jour où nous rappellerons aussi la disparition de Corrado Gex, mort le 25 avril 1966, autre grand protagoniste de l’histoire autonomiste valdôtaine et lui aussi assesseur à l’Instruction publique dans des années décisives pour la croissance de notre Région.
Maria Ida Viglino et Corrado Gex nous transmettent une leçon qui demeure pleinement actuelle : l’instruction est l’un des piliers de notre autonomie. Elle n’est pas seulement un secteur administratif. Elle est le lieu où une communauté construit sa conscience civique, transmet ses valeurs, prépare l’avenir et rend concrète, chaque jour, sa capacité à se gouverner elle-même. C’est aussi pour cela que Maria Ida Viglino consacra une part si importante de sa vie publique à l’école, en exerçant la fonction d’assesseure à l’Instruction publique pendant une longue période.
C’est précisément ce point qui nous semble particulièrement vivant aujourd’hui : l’autonomie n’est pas quelque chose que l’on célèbre uniquement lors des commémorations. C’est une réalité qu’il faut faire vivre chaque jour, surtout à travers l’école. Pour une région comme la Vallée d’Aoste, l’instruction a toujours eu une valeur qui dépasse la seule dimension pédagogique : elle a été, et elle reste, un espace fondamental pour renforcer l’identité, la responsabilité et la cohésion sociale. En ce sens, l’école est l’un des lieux où l’autonomie continue à se projeter dans l’avenir.
Dans cette perspective, la connaissance de nos spécificités culturelles et linguistiques demeure essentielle. Elle l’était dans l’après-guerre, lorsqu’il fallait reconstruire une communauté consciente de son histoire et de sa singularité. Elle l’est encore aujourd’hui, dans une société plus ouverte et plus complexe, où l’enracinement dans sa propre réalité constitue une ressource précieuse pour affronter le changement.
La connaissance de notre histoire, de notre pluralisme linguistique et de la culture valdôtaine ne doit pas être considérée comme un élément marginal, mais comme une partie vivante de la formation des nouvelles générations.
C’est aussi sur ce terrain que nous travaillons, afin de remettre toujours davantage au centre des programmes scolaires la conscience de nos particularités culturelles et linguistiques. Non pas pour regarder le passé avec nostalgie, mais pour donner à nos jeunes des outils plus solides afin de comprendre le présent et de construire l’avenir.
Se souvenir aujourd’hui de Maria Ida Viglino, au jour de sa naissance, signifie donc non seulement rendre hommage à une figure exemplaire de notre histoire, mais aussi réaffirmer une conviction profonde : l’école n’est pas seulement un instrument de l’autonomie valdôtaine. Elle est l’un des lieux où l’autonomie vit, grandit et se renouvelle chaque jour.